SCANDALE « 20 Minutes » revient sur les étapes de la chute du producteur le plus puissant des Etats-Unis pour ceux qui n'auraient pas tout suivi au scandale Harvey Weinstein…

Claire Barrois

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Le producteur hollywoodien Harvey Weinstein en 2017. — CWA/WENN.COM/SIPA

Personnage influent du cinéma américain, Harvey Weinstein, notamment producteur de The Artist, a vu l'empire qu'il avait construit réduit en poussières en à peine une semaine. A l'origine de sa chute, un article du New York Times faisant état de nombreuses accusations d'agressions sexuelles et de harcèlement qu'il aurait commis depuis les années 1990.

Publiée le 5 octobre, l'enquête, soutenue par un second article du New Yorker, a permis de délier les langues des femmes (actrices, collaboratrices…), dont les témoignages ne cessent d'affluer depuis.

A la base de l'affaire, deux articles

Mais pourquoi les enquêtes des journalistes Jodi Kantor et Meghan Twohey dans le New York Times, puis celle de Ronan Farrow [le fils de Mia Farrow et Woody Allen] dans le New Yorker, arrivent-elles maintenant ? « Beaucoup d'entre nous pensaient et espéraient que cela finirait par sortir, a confié un ancien cadre de la Weinstein Company à Ronan Farrow. Je crois que c'est maintenant le bon moment, dans le climat actuel, pour la vérité. »

Harvey Weinstein a alors présenté ses excuses et s'est mis en « congé », avant d'être renvoyé le 8 octobre par The Weinstein Company, société qu'il a cofondée, pour violation de son code de conduite. Le 10 octobre, face au nombre de témoignages d'actrices, son épouse depuis dix ans, la styliste Georgina Chapman quitte son mari en déclarant : « Mon cœur se brise pour toutes les femmes qui ont souffert d'une peine énorme à cause de ces actions impardonnables. »

Libérées, les (très nombreuses) femmes concernées parlent

La publication des articles sur le producteur a permis aux actrices qui avaient subi des agressions sexuelles se sentent libérées de la peur de voir leur réputation salie et confient leurs mauvaises expériences imposées par Harvey Weinstein qui ne semblait avoir peur de rien. Quatre femmes, parmi lesquelles les actrices Asia Argento, Lucie Evans et Rose McGowan, accusent l'homme de les avoir violées.

En ce qui concerne les agressions sexuelles, les témoignages pleuvent depuis la semaine dernière. Ashley Judd a été la première à parler dans le New York Times. Suivie par Rose McGowan donc, deux assistantes d'Harvey Weinstein et trois de ses anciennes employées, Zoë Brock, un mannequin néo-zélandaise, Lisa Campbell, une écrivaine écossaise, Lauren Sivan, journaliste télé, Ambre Battilana Gutierrez, mannequin italienne….

Du côté des actrices, pour l'instant, Lucia Evans, Asia Argento, Rosanna Arquette, Mira Sorvino, Jessica Barth, Angelina Jolie, Gwyneth Paltrow, Dawn Dunning, Tom-Ann Robert, Heather Graham, Louisette Geiss, Cara Delevingne, Kate Beckinsale, Claire Forlani et Melissa Sagemiller ont osé s'exprimer… Et la liste pourrait continuer à s'allonger…

Les Françaises pas épargnées

Les actrices françaises Emma de Caunes, Judith Godrèche, Léa Seydoux, Florence Darel et Eva Green ont également été approchées par le producteur. Baiser forcé, harcèlement par téléphone, demande de massage ou accueil nu dans sa chambre d'hôtel, Harvey Weinstein a usé avec elles des mêmes méthodes qu'avec toutes les autres femmes qui ont déclaré faire partie de ses victimes.

Les acteurs Ben Affleck et Matt Damon ont réagi et ont récolté la fureur des femmes agressées. Car, comme beaucoup à Hollywood, ils sont accusés d'avoir été parfaitement au courant des agissements du producteur et de n'avoir jamais rien fait pour aider ses victimes. Les révélations ont fait beaucoup de bruit, d'autant que beaucoup arguent que le comportement d'Harvey Weinstein était un secret de polichinelle dont plaisantait le tout Hollywood.

Et maintenant ? La Weinstein Company, qui n'allait déjà pas fort, risque de ne pas se relever de ce scandale. Le Festival de Cannes, les Oscars et les Baftas ont déjà réagi en condamnant le comportement du producteur, mais cela suffira-t-il à faire cesser ce genre de pratiques, apparemment courantes de la part des hommes puissants dans le cinéma ? Difficile à dire pour le moment…