ASSURANCE MALADIE La ministre de la Santé Agnès Buzyn a évalué dimanche à 30% les dépenses de l'Assurance maladie « pas pertinentes »...

N.Se avec AFP

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Illustration d'un stéthoscope et d'une carte Vitale d'assurance maladie. — Nicolas MESSYASZ/SIPA

Eternel objectif : réduire le déficit global de la « sécu ». La ministre de la Santé Agnès Buzyna évalué dimanche à 30 % les dépenses de l'Assurance maladie « pas pertinentes » et explique comment elle entend traquer les actes « inutiles » dans les hôpitaux.

Favoriser l'ambulatoire à l'hôpital

Réduire de 3 milliards d'euros le déficit global de la Sécurité sociale en 2018 ? Pas un souci selon la ministre. « Il y a une marge de manœuvre énorme sans toucher à l'égalité des chances : 30 % des dépenses de l'assurance-maladie ne sont pas pertinentes », a-t-elle déclaré au Journal du dimanche. Alors que l'Assemblée nationale doit entamer la semaine prochaine l'examen du projet de budget de la Sécurité sociale (PLFSS), elle détaille dans cet entretien quelques axes d'économies et de meilleure utilisation des ressources dans les hôpitaux.

Cela commencera par « favoriser l'ambulatoire ». « En chirurgie, par exemple, l'objectif est qu'en 2022, sept patients sur dix qui entrent à l'hôpital le matin en sortent le soir, contre cinq aujourd'hui », explique Agnès Buzyn. « Nous allons fermer les lits qui ne servent à rien ou les réorienter vers de nouveaux besoins » et « lutter contre les opérations inutiles ou les actes réalisés deux fois », dit-elle. Elle estime que les hôpitaux pourraient en outre « économiser un milliard d'euros en mutualisant certaines dépenses, comme les achats de médicaments ».

Renforcer la lutte contre les fraudes à l'Assurance maladie

Enfin, la ministre explique sa méthode pour réformer le financement des hôpitaux en créant des « modes de tarification centrés sur la pertinence des soins », par exemple en octroyant « un bonus, un intéressement dès lors qu'ils répondront aux objectifs de qualité, de pertinence et d'efficience ». Parallèlement, la ministre entend renforcer la lutte contre les fraudes à l'Assurance maladie. « Il faut cesser d'être laxiste avec ceux qui abusent d'un système généreux », affirme-t-elle, en pointant notamment la hausse des arrêts de travail. « Jusqu'à quand l'assurance-maladie palliera-t-elle les défaillances du management au travail ? », interpelle Agnès Buzyn.

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La Sécurité sociale « multiplie les contrôles en croisant les fichiers informatiques » et en 2016, la fraude détectée sur les cotisations et les prestations « s'est élevée à 1,2 milliard d'euros et le chiffre ne cesse de croître », précise-t-elle. En 2017, le déficit cumulé du régime général et du Fonds de solidarité vieillesse doit atteindre 5,2 milliards d'euros. La branche maladie resterait déficitaire de 800 millions d'euros.