Garde d'enfants : la baisse des aides focalise les critiques


Garde d'enfants : la baisse des aides focalise les critiques
Les Echos - Economie France  /  Solveig Godeluck

La réforme de l'allocation de base de la Paje (prestation d'accueil du jeune enfant) suscite une levée de boucliers à gauche comme à droite. Attribuée à 85 % des familles ayant des enfants de moins de trois ans, elle sert à financer les modes de garde. Il est prévu d'économiser 70 millions d'euros en 2018, et 540 millions à partir de 2021. De nombreux amendements de suppression ont été déposés dans le cadre de l'examen en séance depuis mardi du  projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2018 .

Un coup dur pour les classes moyennes

« C'est un coup dur porté aux classes moyennes, explique la députée Nouvelle Gauche Ericka Bareigts. Sans cette prestation, les femmes seront plus nombreuses à cesser leurs activités professionnelles. Ce coup de rabot est d'autant plus regrettable qu'il intervient alors que la branche famille a retrouvé l'équilibre et dégagera un excédent en 2018. »

Du côté de LR, on ironise sur le « joli tour de passe-passe » du gouvernement, qui n'a communiqué que sur la revalorisation de 30 % du complément de mode de garde pour les parents isolés : « Sur les 500 millions d'économies faites sur le dos des jeunes familles, seulement 90 millions au plus seront reversés aux familles monoparentales », soulignent plusieurs députés.

Les plafonds de conditions de ressources de la Paje vont être abaissés pour s'aligner sur ceux du complément familial, une prestation versée aux familles nombreuses dont l'enfant le plus jeune a plus de 3 ans. A terme, seraient exclus du dispositif 68.500 ménages sur 1,71 million de bénéficiaires potentiels. Les plus aisés, déjà privés d'allocation, ne seront pas lésés, contrairement aux classes moyennes. Les plus touchés seront les foyers où un seul parent travaille, avec un seul enfant : le plafond de revenus chutera de 4.000 euros, pour atteindre 26.200 euros par an.

Pas de perdants parmi les bénéficiaires actuels

Par ailleurs, 93.700 familles qui auraient pu prétendre à l'allocation à taux plein devront se contenter d'un taux réduit. Outre les plafonds, les montants d'allocation seront eux aussi nivelés par le bas à 169 euros mensuels à taux plein, soit une perte de 15 euros par mois. Comme le versement de la prime de naissance est sous conditions de ressources à 119 % du plafond de l'allocation de base, 6 % des familles qui auraient pu y avoir droit perdront ces 923 euros ponctuels.

Il n'y aura « pas de perdants parmi les bénéficiaires actuels », a rappelé la ministre des Solidarités Agnès Buzyn, puisque la mesure ne s'applique qu'aux enfants nés après le 1er avril 2018. « Nous revenons sur le gel de toutes les prestations Paje » par rapport à l'inflation, a aussi argumenté Olivier Véran, le rapporteur général du texte à l'Assemblée.

Néanmoins, la mesure suscite un flottement jusque dans les rangs de la majorité. Les députés Modem ont renoncé à demander sa suppression. Mais ils veulent réaffirmer par amendement le principe de l'universalité des allocations familiales, alors que la mission de Guillaume Chiche (LREM) et Gilles Lurton (LR) va examiner s'il faut couper complètement les allocations des plus aisés . Dans un amendement, les députés LREM demandent que soit mise à l'étude « une modulation des aides financières versées par les caisses d'allocations familiales » aux crèches, en fonction de leurs critères d'attribution de places. Réguler l'accès à ce mode de garde serait une autre façon de redistribuer l'argent de la politique familiale à ceux qui en ont le plus besoin.



Original Article: https://www.lesechos.fr/economie-france/social/030784930291-garde-denfants-la-baisse-des-aides-focalise-les-critiques-2125170.php#xtor=RSS-71

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