ETATS-UNIS L'ancien président américain, très discret ces derniers mois, pourrait profiter de deux meetings de soutien à des candidats démocrates, ce jeudi, pour étriller son successeur...

M.C. avec AFP

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Barack Obama, lors d'une conférence de presse à la Maison Blanche, le 16 décembre 2016. — S.WALSH/AP/SIPA

On l'avait peu vu depuis qu'il a quitté ses fonctions en janvier dernier. Après son départ de la Maison Blanche, Barack Obama a commencé par s'offrir trois mois de vacances, puis il s'est attelé à la rédaction de ses mémoires.

Ces derniers mois, le premier président noir des Etats-Unis, aujourd'hui âgé de 56 ans, n'a que peu parlé en public et n'a donné pratiquement aucune interview. Les quelques fois où il a estimé devoir briser ce silence, il l'a fait sur des sujets d'importance nationale, comme l'immigration, la couverture santé ou la lutte pour le climat. Mais il s'est largement tenu à l'écart du débat politique, fidèle à une tradition de réserve observée par ses prédécesseurs.

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Il y a seulement deux grosses élections cette année

Ce jeudi, pourtant, le 44e président des Etats-Unis s'apprête à remettre le pied dans l'arène politique américaine. Il est attendu à deux réunions de campagne, la première dans l'Etat du New Jersey, à côté de New York, la seconde 500 kilomètres plus au sud, en Virginie. A Newark comme à Richmond, Barack Obama apportera son soutien au candidat de son parti au poste de gouverneur.

Ces deux scrutins se dérouleront le 7 novembre, un an après le coup de tonnerre mondial qu'a représenté la victoire de Donald Trump à la présidentielle du 8 novembre 2016. Mais l'importance de ces rendez-vous tient surtout à leur rareté : les Américains sont peu consultés avant les échéances électorales de mi-mandat, en 2018.

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« Il y a seulement deux grosses élections cette année (aux Etats-Unis), pour le poste de gouverneur du New Jersey et celui de la Virginie », explique le professeur de sciences politiques Larry Sabato. « Tout l'enjeu est de décrocher une position avantageuse dans la perspective des élections de mi-mandat de 2018 », souligne-t-il.

Si les républicains gagnent, « Trump ne sera pas vu comme un boulet »

On ignore ce que va dire Barack Obama, dont le bilan de huit ans à la Maison Blanche fait l'objet d'une entreprise de démolition par son successeur. Mais en retrouvant jeudi une ambiance de meeting face à des militants démocrates auprès desquels il a conservé une excellente cote, le 44e président américain pourrait être tenté de planter quelques banderilles dans l'échine de Donald Trump, qui lui ne se prive pas d'éreinter publiquement son prédécesseur.

Dans le New Jersey, le poste de gouverneur semble promis au démocrate Philip Murphy, qui succéderait au républicain Chris Christie, un ancien proche de Donald Trump à l'image dégradée et à l'impopularité record en fin de mandat. « Les démocrates ont devant eux une autoroute pour remporter le New Jersey, donc seule la Virginie fait l'objet d'une lutte disputée », confirme Larry Sabato, qui enseigne justement à l'université de Virginie.

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La Virginie est un Etat pivot, le seul Etat du Sud historique remporté par Hillary Clinton en 2016. Son importance est renforcée par sa proximité géographique avec la capitale fédérale, Washington.

« Si le Grand Old Party (ou GOP, le parti républicain) perd en Virginie, Trump sera largement tenu pour responsable », analyse Larry Sabato. En revanche, « si les républicains remportent le poste de gouverneur, alors Trump ne sera pas vu comme un boulet pour le parti en 2018 ».