AERONAUTIQUE Les avionneurs européens et candiens ont signé un accord de partenariat sur le programme CSeries, dont Airbus prend les commandes...

B.C.

— 

Un A320neo d'Airbus et un avions moyen-courrier CS100. — Airbus

  • L'avionneur européen prend 50,01 % des parts dans la société qui gère le programme CSeries, dont le premier avion a été livré l'an passé.
  • Une usine d'assemblage de CSeries sera créée sur le site de Mobile, en Alabama où Airbus a déjà une chaîne pour son A320.

C'est une révolution dans le secteur aéronautique. Dans la nuit de lundi à mardi, les groupes aéronautiques Airbus et Bombardier ont annoncé avoir signé un accord de partenariat.

L'avionneur européen investit dans le programme de moyen-courrier CSeries de son concurrent canadien et devient l'actionnaire majoritaire de la société qui le gère avec 50,01 % de parts, Bombardier en conserve 31 % et Investissement Quebec 19 %.

Accord gagnant-gagnant

En échange, Airbus ne dépensera pas un kopeck mais va mettre à commercialiser les deux appareils de la série, dont le premier avion a été livré l'an passé mais qui est confrontée à des difficultés de développement et de commercialisation et a une explosion des coûts.

Pour Tom Enders, le patron du groupe européen, cette gamme d'appareils de 100 à 150 sièges est complémentaire de celle proposée par Airbus dont les mono couloirs sont plus axés sur les avions de 150 à 240 sièges. Ce dernier compte aussi générer d'importantes économies de coûts de production de la Série C grâce à son réseau d'approvisionnement notamment.

« C'est gagnant-gagnant pour tout le monde ! La série C s'intègre parfaitement à notre gamme existante d'avions mono couloirs et étend notre offre de produits dans un secteur de marché en pleine croissance. Je n'ai aucun doute que notre partenariat avec Bombardier augmentera énormément les ventes et la valeur de ce programme », a déclaré le patron d'Airbus.

Plainte de Boeing

Pour Bombardier, c'est aussi un moyen de se dégager de la pression des Etats-Unis qui a mis en place des droits de douane (220 %) et une taxe anti-dumping sur ses avions suite à une plainte de Boeing qui dénonce des ventes à perte, possibles grâce à des subventions publiques.

Si le siège principal d'assemblage des appareils reste le Québec, une seconde ligne va voir le jour à Mobile, en Alabama, là où est déjà implantée une usine d'Airbus A320. Ce qui ouvrira de fait le marché américain fermé aux appareils de CSeries.